TRACY
CHAPMAN + DAVID WALTERS,, Arènes d'Istres18
Juillet 2006 (Review de Fred
et Photos de Dimitri
publiées sur Concertnco.com)
De
la musique s'échappe des arènes d'Istres
alors qu'il n'est pas encore 20h30 et que nous n'avons
pas encore atteint les grilles d'entrée. Il
nous faut forcer le pas. Nous touchons au but, mais
au moment de retirer les places, l'hôtesse nous
demande de remplir un texte à trous en anglais.
Il ne s'agit pas d'un exercice, mais d'une décharge
dont la traduction approximative peut se résumer
à : pour Tracy Champan nous ne serons autorisés
qu'à photographier pendant les 2 premiers morceaux
et depuis la table de mixage qui se trouve à
30 bon mètres.
L'Hémicycle
est déjà bien rempli, la fosse où
ont été installées des chaises
est quasi-comble. La scène est, elle, occupée
par une seule personne.
David
Walters
Au moment où l'on prend place en haut de l'arène,
David Walters exécute un rythme sur
un instrument conique orange fluo, ponctué
de pêches sur une cymbale ride. Aux percussions
instrumentales, s'ajoutent des percussions vocales.
Je ne sais pas depuis combien de temps le set a déjà
commencé mais il semble qu'une complicité
se soit déjà établie entre le
public et l'artiste.

Assis,
guitare à la main et pédales d'effets
à ses pieds, il poursuit avec un titre dans
une veine bossa nova sur lequel il alterne chant en
créole, anglais et français. Il sample
un refrain au cours du morceau, et le fait revenir
chantant par dessus, donnant un effet de choeurs à
plusieurs voix.
David Walters ne cache pas qu'il est heureux d'être
là, lançant un « David Walters
est en 1ère partie de Tracy Chapman
» avant d'annoncer son prochain titre ça
se passe bien entre vous et moi. Emporté par
son enthousiasme, il se lance dans un question/réponse
avec le public qui malgré sa meilleure volonté
a du mal à fournir un écho à
ses « raca-tacata-cataca ». Il introduit
le morceau suivant par un groove vocal dans le micro
à la steal my kisses de Ben Harper.
David Walters attise le public par des «
Istres est-ce que vous êtes là? »,
avant de lancer un beat sur lequel il se met à
rapper debout, allant et venant sur la scène.
Il stoppe et relance le beat accentuant le côté
cadencé du morceau. Il occupe les silences
en chantant des lignes de basse a capella. Lorsque
le beat repart, il descend de scène pour chanter
en se baladant dans le public.
Plus solennel sur le slam du cliché exotique
écrit à l'occasion du 10 mai 2006, journée
des mémoires de la traite négrière,
de lesclavage et de leurs abolitions. Il enchaîne
par un solo de percussions style Tambours du Bronx
où chaque objet de la scène se met à
résonner (j'ai du mal à dire s'il mime
sur une bande son, ou si les sons sont réellement
produits par chaque coup qu'il donne).
Les 2 morceaux suivants sont plus pop, agrémentés
d'effets et de boucles sorties du sampler faisant
resurgir des riffs de guitare.

21h20
David Walters reçoit une standing ovation.
Les claquements des mains résonnent dans les
arènes comme des gouttes de pluie sur de la
tôle. L'homme orchestre, comme pour signifier
qu'il n'est pas réellement seul sur scène,
fait applaudir son ingénieur du son.
A
peine le set terminé, 20 personnes s'activent
sur scène pour la réaménager,
la rendre propre d'un coup de serpière !
Presque une demi heure de passée, et une voix
assez laconique annonce par les hauts-parleurs «
Il est interdit de fumer, il est interdit de faire
des photos ». Le public s'impatiente et lance
pour la troisième fois un « Tracy
ta-ta-ta ». Mais seuls les moustiques, de plus
en plus nombreux, répondent au plébiscite.
Une personne vient déposer un bouquet de fleurs
sur le devant de la scène, alors que derrière
moi fuse illico un « fayot ! ».
Les 2 videurs, tout droit sortis de la bande dessinée
Litteul Kévin, installés sur des
chaises au pieds de la scène, sont sur le qui-vive.
21h50 : précédée de ses musiciens
(guitare, batterie, clavier), Tracy Chapman
rentre sur scène sous une standing ovation.
Tracy
Chapman
Jean
et guitare folk à la main, elle ouvre le set
avec un Say Hallelujah enjolivé par le motifs
jazzy du guitariste Joe Gore, bien plus agréables
que les larsens produits par le son saturé
de la six-cordes électrique quil utilise
sur le morceau suivant, Across The Lines. La voix
de Tracy Chapman est nickel (en fait comme
sur ses albums), le son de la batterie aussi, par
contre le volume des guitares est trop élevé
et celui du clavier proche de zéro. Quimporte
les fans qui se trouvent dans la fosse ont lair
comblés, mais doivent contenir leur enthousiasme,
rappelés à lordre par les 2 molosses
qui leur signifient quil faut rester assis,
dun signe de la main.
Tracy Chapman, après avoir changé
de guitare, comme entre chaque titre, annonce quelles
interprètera des « old and new songs
» : ce que tout le monde attend.

Dans
une sobriété presque excessive (1 douche
sur la chanteuse, lumière jaune, rouge ou bleu
pour le reste de la scène), Tracy Chapman
enchaîne Talk To You, Mountains O' Things et
Change ne lâchant quun petit «Thank
you » entre les titres. Face au groupe quasi-statique
(quasi, si lon tient compte du déplacement
de Joe Gore pour passer derrière les
claviers) soppose un public surexcité.
Hélas, celui-ci semble moins réceptif
lorsque la chanteuse parle de la famille Bush pour
introduire Subcity. Et, je ne sais pas si cest
à cause de ce manque décho, mais
cette allocution sera la dernière de la soirée.
Sur ce titre Joe Gore alterne lignes de basse
et accompagnements avec sa guitare. Interprétation
de Be And Be Not Afraid avant que ne résonne
les arpèges de The promise, moment un peu plus
intimiste où batteur et guitariste ont pris
congé. Depuis ma place dans les gradins, je
vois la fosse silluminer des écrans verts
des téléphones portables qui remplaçant
quelque part la flamme des briquets.

Présentation
du « wonderful band » (un vrai bassiste,
naurait pas été de trop) avant
de lancer Fast Car, et dattendre les aboiements
de nos videurs bienveillants. Joe Gore se lâche
un peu sur Another sun se déplaçant
à la Phil Collins dans I Cant Dance,
exécutant des solos de bruits en son distordu.
On le trouve assis pour la reprise de House of Rising
Sun, adaptation intéressante à la guitare
slide, et sans doute jouée différemment
deux jours au Stade Vélédrome.
Un peu plus de décibels pour le tube Telling
Stories ; une intro aux toms par Tracy Chapman,
style danse de la pluie, soutenue par des claquement
de mains pour America.
Reprise de la guitare folk pour lincontournable
Talkin' Bout A Revolution, suivi par un public contraint
de rester collé à sa chaise dans la
fosse, sil ne veut pas voir un agent de la sécurité
lui fondre dessus, et qui accompagne la chanson en
un fade out.

Give
me one reason clôture le set un peu avant 23h20.
Quelques « hooo-ho-ho-hoo-hooo » et les
musiciens réapparaissent sur scène pour
interpréter un blues/rock des familles. Sur
une grille de 3 accords, ils reprennent un Hound dog
revisité dElvis Presley, seul
véritable moment dimprovisation de la
soirée, avec une pause au milieu du morceau
pour tenir le spectateur en haleine avant de repartir
de plus belle. Le tempo chute et les briquets senflamment
avec Baby Can I Hold You, qui se termine sur les paroles
« I love you » et auquel les fans répondent
par « we love you too ».
Il
est 23h30 et cette fois cest bel et bien la
fin du concert, et le moment de tirer un bilan. 1h40
de concert, une présence oppressante de la
sécurité, un son correct mais sans plus.
Peu de variation par rapport à linterprétation
des enregistrements, pas de réelles émotions
(javais lu des interprétations a capella
de la chanteuse) et une mise en scène très
épurée. Je conçois que pour les
fans ce soit toujours un grand moment de voir son
idole en vrai, mais pour les autres à quasi
40 euros la place on est en droit dattendre
beaucoup plus. Dommage parce que la première
partie était beaucoup plus motivante.