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La
grâce de Tracy Chapman
By: THIERRY MEISSIREL,
Le Progrès, 7 Février 2003
La Halle Tony-Garnier a vibré hier aux chansons
de Tracy Chapman. Accompagnée de cinq musiciens,
la chanteuse de Cleveland a alterné classiques
et nouveaux titres, chansons soul et rythmes rock.
Pour le rappel, Tracy Chapman aime faire une surprise
à ses spectateurs. Une reprise de Bob Marley,
" Get up, Stand up ", qui vient à point
nommé pour un public debout depuis bien longtemps.
Hier, le public lyonnais s'était déplacé
en force -plus une place n'était disponible-
et l'ambiance s'est rapidement électrisée,
bercée des classiques (" Talkin'about the
revolution ", " New beginning ", "Fast
car ") et des chansons du dernier album de Tracy
Chapman, " Let it Rain ".
C'est une tournée triomphale : les spectacles
sont complets partout Vous vous y attentiez ?
Bien sûr que je l'espérais ! Même
si dans ce domaine, on n'est jamais sûr de rien
Auparavant on a joué dans de petites salles,
et c'était complet. Ici c'est très grand
et c'est aussi " sold out ". C'est bien, quand
on fait de la musique, on a envie d'être écouté
par le plus grand nombre.
Mais votre musique est plutôt intimiste,
ce n'est pas difficile de jouer devant autant de gens
?
Non ce n'est pas difficile. C'était bien plus
compliqué quand j'ai commencé, devant
quelques dizaines ou centaines de personnes. En plus
j'étais toute seule, avec ma guitare pour seul
accompagnement.
Beaucoup de gens ont été surpris de vous
voir travailler avec John Parish, le producteur de PJ
Harvey. On ne s'attendait pas à une telle rencontre
Je voulais un producteur qui soit aussi musicien. Mais
il est vrai que dans ce métier, les gens sont
confinés dans des catégories. Même
la maison de disque était inquiète de
nous voir réunis. Et tout s'est passé
très naturellement, comme des musiciens qui jouent
ensemble.
Jouer devant un public européen ou pour
des Américains, est-ce très différent
?
On pourrait penser que le langage est un problème
insurmontable, mais en fait non. En discutant avec les
gens, je me suis rendue compte que les Européens
accordaient beaucoup d'importance aux paroles, bien
plus que les Américains, qui les écoutent
plutôt distraitement. Mais c'est rythmiquement
que l'on est toujours surpris. Les Français ont
cette habitude de frapper des mains sur le premier et
le troisième temps, alors que les américains
accentuent le second et quatrième temps. A chaque
début de tournée, ça nous déstabilise
Est-ce que vous pourriez envisager un spectacle
sans jouer " Talkin'about the revolution "
?
J'ai toujours beaucoup de plaisir à chanter cette
chanson, je ne m'en lasse pas, je la chante pour moi,
parfois. Mais si un jour je ne la sentais plus, où
qu'elle sonne pas bien avec les musiciens, j'arrêterais
de la chanter. Mais ce n'est pas le cas pour l'instant,
ça va
Je suppose que vous suivez de près l'actualité
internationale
Oui nous vivons des moments inquiétants. J'ai
espéré une solution diplomatique et pacifique
à la question irakienne. Je ne pense pas que
la guerre réglera le problème. Ce serait
la première fois que les USA attaqueraient un
pays de façon unilatérale. C'est très
effrayant.
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