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La
diva douce et rebelle était hier soir au Dôme
de Marseille pour un concert rythmé et intimiste.
Juste avant, elle nous avait reçu dans sa loge
Un jean sans paillettes et un gros pull pour cacher
une timidité indécrottable, un sourire
de petite fille pour apprivoiser l'inconnu qui se présente.
Hier après-midi, dans les loges du Dôme
de Marseille, quelques heures avant de proposer un concert
tout en douceur, mais bercé de textes rebelles,
Tracy Chapman s'est posée sur un coin de table
basse, une bouteille d'eau à la main, le temps
de quelques réflexions. A observer cette femme
de 38 ans lovée dans son intimité, on
ne se représente qu'avec difficultés celle
qui, depuis une quinzaine d'années et son planétaire
Talkin' about the Revolution, fait figure de leader
de la chanson protestataire aux Etats-Unis.
"Je
ne crois pas que je referai cette chanson aujourd'hui,
glisse-t-elle. Même si j'aime toujours son énergie
et la passion qui l'entoure. Quand j'y repense, je me
dis que le monde a changé depuis. Pas de manière
significative. Mais si je m'arrête sur l'Afrique
du Sud, alors oui, pas mal de choses ont bougé.
Si je devais la refaire aujourd'hui, je ne sais pas
ce que j'y mettrai dedans. Je ne parlerai pas de l'Irak.
Personne n'est capable de faire entendre sa voix sur
ce sujet."
Avec
le temps, Tracy Chapman a peu à peu laissé
filer ses combats, martelés à coups de
mots durs, pour des considérations plus douces.
"Mon dernier album, Let it rain, parle plus d'amour
et de sentiments observés autour de moi que de
misère ou de luttes en faveur des femmes. Mais,
même si les textes sont plus doux, mes convictions
sont les mêmes. J'ai eu envie, après cinq
albums qui se tenaient les uns aux autres et qui m'enfermaient
un peu, de prendre ma liberté".
Estampillée
reine de la "protestsong", Tracy, originaire
de la bourgeoisie noire de Cleveland, ralentit le mouvement.
"Quand je voyage beaucoup, comme en ce moment,
j'observe les choses, les gens et je vois que les discours
s'entendent de moins en moins. En traversant Marseille
en voiture, j'ai pensé à San Francisco,
la ville où je vis et qui me manque. J'y ai vu
des points communs dans l'architecture et dans les gens.
Toutes les communautés semblent coexister ici.
J'avais hâte de monter sur scène pour leur
parler." En guise de réponse à ses
mélodies délicates, elle a eu droit à
de l'écoute et beaucoup de respect. L'essentiel
pour Tracy.
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